{"id":2635,"date":"2018-03-09T21:32:44","date_gmt":"2018-03-09T20:32:44","guid":{"rendered":"https:\/\/goulyzia.wordpress.com\/?p=2635"},"modified":"2023-06-04T16:47:47","modified_gmt":"2023-06-04T14:47:47","slug":"la-juge-beninoise-alapini-a-la-cpi-fierte-et-reserves-dune-prestation-de-serment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/goulyzia.net\/index.php\/2018\/03\/09\/la-juge-beninoise-alapini-a-la-cpi-fierte-et-reserves-dune-prestation-de-serment\/","title":{"rendered":"La juge b\u00e9ninoise Alapini \u00e0 la CPI: fiert\u00e9 et r\u00e9serves d&rsquo;une prestation de serment"},"content":{"rendered":"<p>Comment rester indiff\u00e9rent devant une telle cons\u00e9cration internationale pour l&rsquo;Afrique? La juge ougandaise Solomy Balungi Bossa et sa coll\u00e8gue b\u00e9ninoise Reine Alapini-Gansou ont pr\u00eat\u00e9 serment vendredi \u00e0 la Haye aux c\u00f4t\u00e9s de quatre autres nouveaux \u00a0juges pour un mandat de neuf ans au sein de la\u00a0Cour p\u00e9nale internationale. Elues lors de la 16<sup>e<\/sup>\u00a0session de l&rsquo;Assembl\u00e9e des Etats Parties au Statut de Rome en d\u00e9cembre dernier, ces deux \u00e9minentes juristes africaines voient ainsi couronn\u00e9e leur carri\u00e8re internationale de juriste de haut vol. Une prestation qui intervient un jour apr\u00e8s la c\u00e9l\u00e9bration de la journ\u00e9e internationale de la femme. Pour l&rsquo;Afrique, m\u00eame si ce n&rsquo;est pas in\u00e9dit de voir des femmes \u00e0 ce niveau de responsabilit\u00e9, il n&rsquo;en demeure pas moins que le continent peut en tirer un motif de satisfaction.<\/p>\n<p>Fin mars 2010 \u00e0 Cotonou au B\u00e9nin, en marge d&rsquo;un colloque international sur \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9s civiles et d\u00e9mocratie en Afrique\u00a0\u00bb, j&rsquo;avais interview\u00e9 l&rsquo;avocate Reine Alapini Gansou alors pr\u00e9sidente de la Commission africaine des droits de l&rsquo;Homme et des peuples de l&rsquo;Union africaine (CADHP).Elle m&rsquo;avait personnellement convaincu\u00a0\u00a0sur son engagement \u00e0 pr\u00e9server l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la Commission qu&rsquo;elle pr\u00e9sidait face \u00e0 la menace permanente d&rsquo;une politisation par les Etats membres des sujets techniques relevant purement du droit.<\/p>\n<p>C&rsquo;est bien l\u00e0 que se ramollit tout l&rsquo;\u00e9lan enthousiaste qui entoure cette prestation de serment des deux juges africaines, quand on a fini de s&rsquo;adonner \u00e0 ce lyrisme circonstanciel.\u00a0Le d\u00e9pit amoureux ambiant des Africains envers la juridiction p\u00e9nale\u00a0permanente s&rsquo;est creus\u00e9 depuis les \u00e9pisodes m\u00e9diatiques \u00e0 foison qui rythment son fonctionnement: retrait du Burundi de Pierre Nkurunziza, non-lieu dans l&rsquo;affaire impliquant le\u00a0pr\u00e9sident kenyan Uhuru Kenyatta et son vice-pr\u00e9sident William Ruto, parade du Soudanais Omar El B\u00e9chir\u00a0\u00a0qui\u00a0ridiculise la menace d&rsquo;un mandat d&rsquo;arr\u00eat\u00a0\u00e0 chacun de ses d\u00e9placements sur le continent ou encore coups de boutoir assen\u00e9s par la rh\u00e9torique souverainiste du Tchadien Idriss D\u00e9by , du Guin\u00e9en Alpha Cond\u00e9 ou du Rwandais Paul Kagam\u00e9. Le coup de gr\u00e2ce\u00a0pourrait m\u00eame venir de l&rsquo;issue du proc\u00e8s retentissant de l&rsquo;ex-pr\u00e9sident ivoirien Laurent Gbagbo et de son ancien ministre de la jeunesse Charles Bl\u00e9 Goud\u00e9.Ayant h\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;un dossier oscillant entre juridisme et interf\u00e9rences politiques, l&rsquo;ancienne ministre gambienne de la Justice sous le sulfureux\u00a0Yahyah Jammeh s&rsquo;est, \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence de la conduite du proc\u00e8s et de l&rsquo;administration des preuves, s&rsquo;est m\u00e9lang\u00e9e les pinceaux. A mi-parcours d&rsquo;un proc\u00e8s-catharsis, le tableau que le procureur de la CPI peint de la crise post\u00e9lectorale ivoirienne est unijambiste, partiel et parcellaire. Et ses invariables assurances sur la poursuite des enqu\u00eates dans le camp des ex-chefs\u00a0de la r\u00e9bellion ivoirienne\u00a0ne rencontre que l&rsquo;assentiment des observateurs les plus na\u00effs de la sc\u00e8ne politique ivoirienne.<\/p>\n<p>Reine Alapini-Gansou et sa coll\u00e8gue ougandaise Solomy Balungi Bossa\u00a0 ne seront pas appel\u00e9es \u00e0 statuer sur l&rsquo;affaire Laurent Gbagbo\/Procureur de la CPI. Mais elles devront montrer toute leur volont\u00e9 \u00e0 dire le droit, dans un pr\u00e9toire sous influence cong\u00e9nitalement politique du fait m\u00eame du statut de Rome qui l&rsquo;a institu\u00e9. Une v\u00e9ritable gageure.<\/p>\n<p>En tout cas, finie l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;\u00e9merveillement o\u00f9 les Africains se ruaient sur la ratification de l&rsquo;instrument de Rome \u00e0 l&rsquo;image du S\u00e9n\u00e9gal d&rsquo;Abdoulaye Wade, premier pays africain \u00e0 le faire. Le doute sur la cr\u00e9dibilit\u00e9 de cette juridiction, dernier rempart contre la barbarie des conflits arm\u00e9s, est permis. Dans la bataille pour la m\u00e9moire des victimes, la CPI a peut-\u00eatre montr\u00e9 son camp: frapper de fa\u00e7on exemplaire les seconds couteaux en ferment royalement les yeux sur les vrais commanditaires qui se recrutent entre Etats voyous et intouchables, Seigneurs de guerre et fossoyeurs inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s des d\u00e9mocraties. Et \u00e7a on commence \u00e0 le comprendre.<\/p>\n<p><!-- x-tinymce\/html --><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment rester indiff\u00e9rent devant une telle cons\u00e9cration internationale pour l&rsquo;Afrique? La juge ougandaise Solomy Balungi Bossa et sa coll\u00e8gue b\u00e9ninoise Reine Alapini-Gansou ont pr\u00eat\u00e9 serment vendredi \u00e0 la Haye aux c\u00f4t\u00e9s de quatre autres nouveaux \u00a0juges pour un mandat de neuf ans au sein de la\u00a0Cour p\u00e9nale internationale. 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