Qui peut ne pas être admiratif de ce que le Peuple sénégalais a accompli ?
A priori personne. Réponse naïve. Tout le monde n’est pas content du dénouement de la présidentielle sénégalaise, surtout quand le jeune président nouvellement investi évoque des mots sensibles comme  » changement systémique » ou « souveraineté ». On chuchote, on observe, on consulte.
Sur des questions de fond comme la création d’une monnaie nationale, la présence militaire française, la renégociation de contrats léonins, l’exécutif progressiste sénégalais ne cache pas son jeu. Il fait même preuve d’ouverture en indiquant vouloir faire des propositions pour réformer la CÉDÉAO et l’UEMOA. Peine perdue, à mon avis.  » Le Sénégal tiendra son rang », assure pourtant le nouveau président.
 » Les choses ne changeront pas du jour au lendemain. Il faut être patient et mettre tout le Sénégal au travail… ». C’est en substance le message de l’influent architecte casamancais Pierre Goudiaby Atépa au micro de la RTS hier après la cérémonie d’investiture. L’ opinion mesurée d’un homme de l’ombre qui sait concilier les polarités divergentes. Un homme qui fait partie d’un establishment qui veut voir les choses changer sans forcément faire table rase des acquis économiques.
L’ éxécutif Faye – Sonko devra trancher, concilier, sans trahir. Des frictions pourraient apparaître quand l’état de grâce sera pulvérisé. Le Tout- idéologie a ses limites, sans pragmatisme.  » La connaissance ne commence que par la pratique » , disait Mao.
Personnellement, je fais confiance au nouvel exécutif sénégalais. Un projet politique, ce n’est pas une personne. Il l’a démontré. Son échec sera l’échec de la jeunesse africaine. Son succès, une nouvelle preuve du caractère irréversible d’une dynamique générationnelle décomplexée du pouvoir.
De tout coeur avec la Pirogue térangaise, notre Pirogue.

Zran Fidèle GOULYZIA

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Docteur en Droit international - Ecrivain - Journaliste